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#1 19-08-2020 20:37:23

Carpefontainebleau77
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Et le huchon ?

Bonjour à tous,
Pendant cet épisode COVID et l’empêchement d’aller pêcher le saumon dans les destinations lointaines, chacun est à la recherche d’un poisson de substitution dans des rivières plus proches. L’alose semble emporter les suffrages et il commence à coloniser les rivières Françaises (par exemple, un récent message de la fédération de Seine et Marne signale, pour la première fois, la présence d'aloses dans les rivières du département).
Cela me laisse assez circonspect car j’ai toujours considéré le huchon, comme une sorte de saumon non migrateur, surtout présent dans les pays germaniques. Une recherche sur le blog du CDS ne montre aucun post ou discussion sur le sujet ? Ce poisson aurait-il disparu ? Personne n’aurait-il d’expérience de pêche ?
Pour d√©buter le fil de discussion, voici un excellent article d‚Äôun biologiste sur le sujet, paru dans les ann√©es soixante, p√©riode riche en tentatives d‚Äôacclimatation de nouvelles esp√®ces en France.   
J’aimerai donc avoir vos retours sur le huchon.

MORPHOLOGIE, ECOLOGIE, REPRODUCTION NATURELLE ET ARTIFICIELLE Par M. SVETINA
Ce n'est pas seulement en raison du caract√®re prometteur des tentatives d√©j√† faites en France pour y acclimater le saumon du Danube que nous avons d√©sir√© fournir √† nos lecteurs les renseignements les plus complets sur ce beau poisson de sport, c'est parce que, √† notre avis, il est appel√© √† conna√ģtre chez nous un d√©veloppement consid√©rable et de haut int√©r√™t, non pas seulement √† cause de son caract√®re √©minemment sportif et de sa haute valeur culinaire, mais aussi, et pourrait-on dire, d'abord, parce qu'il est l'ennemi le plus acharn√© du hotu dont on sait √† quel degr√© souvent dramatique il a envahi nombre de nos cours d'eau. Trouver un rem√®de √† ce fl√©au dans un poisson dou√© de qualit√©s exceptionnelles, c'est vraiment ¬ę pain b√©nit ¬Ľ... La seule question encore √† r√©soudre est de savoir s'il se d√©veloppera dans un nombre suffisant de nos rivi√®res, comme il a commenc√© de le faire dans les Usses savoyardes.
L'auteur de l'article que l'on va lire, et qui vient de faire un court s√©jour dans notre pays, nous a dit avoir rep√©r√© d√©j√† un nombre √©lev√© de rivi√®res o√Ļ, √† premi√®re vue, le huchon se plairait √† coup s√Ľr, tels le Rh√īne, o√Ļ d√©j√† certains sp√©cimens sont descendus, le Doubs, la Loue, le Gardon dans sa partie inf√©rieure. Il en est certainement beaucoup d'autres qui pourraient √™tre avantageusement ensemenc√©es avec les Ňďufs de cette esp√®ce ou avec des alevins que la Yougoslavie pourrait sans doute nous fournir √† bon compte et en excellente qualit√©. M. Stevina nous l'a du moins affirm√©; or, il conna√ģt admirablement la question, comme il est naturel de la part d'un homme qui a √©t√© longtemps charg√© de toute la p√™che en Slov√©nie et l'est aujourd'hui de toutes les recherches piscicoles √† l'Universit√© de Ljubljana.
Morphologie.
Le huchon, nommé également saumon du Danube en raison de son habitat d'origine, est un poisson non migrateur vivant uniquement en eau douce. Il appartient à la famille des Salmonidés, dans laquelle il compte un proche parent: l'omble chevalier.
Voici tout d'abord ses principales caractéristiques :
Le corps est allong√© et de section cylindrique; sa hauteur est d'un tiers plus petite que la longueur de la t√™te, qui est importante. La gueule est largement ouverte; la m√Ęchoire sup√©rieure se prolonge au-del√† de la verticale de Le profil de la t√™te marque d'avant en arri√®re un arc aplati, prolong√© horizontalement jusqu'√† la nageoire dorsale. Les m√Ęchoires et la langue portent des dents bien d√©velopp√©es, surtout la m√Ęchoire inf√©rieure. La nageoire caudale est l√©g√®rement bifurqu√©e.
Teinte : le dos va du gris-vert au brun ; le ventre est blanc-argent√©; les flancs gris fonc√© avec reflets cuivr√©s. Le m√Ęle porte pendant la p√©riode du frai une ¬ę robe de feu ¬Ľ. Le corps est nettement sem√© de nombreuses t√Ęches qui vont du brun fonc√© au noir; √† la partie inf√©rieure du corps ces taches prennent de plus en plus la forme d'une demi-lune. La nageoire dorsale est elle-m√™me piquet√©e de taches fonc√©es, mais non les autres nageoires qui sont gris√Ętres.
Croissance : son seul nom de saumon du Danube permet de prévoir qu'il subit une croissance aussi rapide que notre saumon atlantique. Il atteint 20 kilos et plus, mais les anciens auteurs signalent l'existence de sujets d'une trentaine de kilos. Pour les premières années, la courbe de croissance est la suivante :
1" ann√©e : 15 √† 20 cm de longueur;    0 kg 075 √† 0 kg 100
2"¬į    : 40 √† 45 cm de longueur;    0 kg 500 √† 0 kg 750
3me    : 45 √† 55 cm de longueur;    1 kg    √† 1 kg 500
4m¬į    : 55 √† 65 cm de longueur;    2 kg    √† 2 kg 500
5me    : 70 √† 75 cm de longueur;    3 kg    √† 3 kg 750
Ecologie.
Jusqu'en 1952, le huchon n'habitait que le Danube sup√©rieur (en Allemagne) et ses affluents, surtout ceux descendant des Alpes (Allemagne, Autriche, Yougoslavie). Tous les ichtyologues s'√©tant occup√©s de ce poisson affirmaient qu'il √©tait impossible de l'introduire dans les autres r√©seaux fluviaux d'Europe ou d'ailleurs. Cependant, en 1952, √† la demande des autorit√©s piscicoles du Maroc, et en particulier de M. Prudhomme, de F√®s, expert bien connu, j'ai organis√© le premier transport d'Ňďufs dans ce pays, par avion. La r√©ussite a √©t√© compl√®te. Aujourd'hui, dans les rivi√®res de l'Atlas marocain, le huchon est pr√©sent et se reproduit normalement. Sa croissance est m√™me plus rapide qu'en Europe, gr√Ęce aux conditions biologiques et m√©t√©orologiques Tr√®s favorables (surtout la temp√©rature de l‚Äôeau, qui permet une nutrition intensive pendant toute l'ann√©e ; de plus, il y a l√†-bas abondance d'autres esp√®ces dont le huchon fait sa nourriture).

905_huchon_autrichien.jpg

Un spécimen de 35 livres

En 1956 ont √©t√© pour la premi√®re fois d√©vers√©s des alevins de huchon en France, notamment dans les Usses, tributaires du Rh√īne, en Haute-Savoie. Encourag√©s par les succ√®s obtenus au. Maroc, M. le Conservateur Vivier, directeur de la Station Centrale d'Hydrobiologie √† Paris, et M. Blanc, pr√©sident de la F√©d√©ration d√©partementale de Haute-Savoie √† Annecy, m'ont pri√© de venir voir sur place, √† titre d'expert, quels cours d'eau de la r√©gion me paraissaient convenir le mieux aux premiers essais de ces d√©versements. C'est ainsi qu'ont √©t√© choisis les Usses, abondamment peupl√©es de hotus. Le Rh√īne, dans lequel se jette cette rivi√®re, se trouve barr√© par des Centrales hydro√©lectriques en amont et en aval de son embouchure ; les huchons d√©vers√©s ne pouvaient donc s'√©loigner du secteur de d√©versement.
En 1961, on a pu prendre des sujets dont la longueur allait de 65 à 75 centimètres, ce qui constitue un développement tout à fait normal.
En Belgique, d'autre part, on a proc√©d√© √† des essais d√®s 1954, mais sans une pr√©paration ni un contr√īle suffisants ; les alevins d√©vers√©s dans un √©tang n'ont fourni que quelques jeunes Huchons, qui ont ensuite √©t√© transport√©s dans la Semois. Cependant, en 1960, une op√©ration bien organis√©e a √©t√© entreprise par M. Happe, dans sa station exp√©rimentale de Limal, avec ma modeste collaboration; la r√©ussite a √©t√© tr√®s encourageante puisque l'on a pu constater un pourcentage de plus de 30 % de huchons d'un √©t√©. Un court rapport sur cet essai couronn√© de succ√®s a √©t√© publi√© dans la revue Le P√™cheur Belge.
Quelles sont les raisons de ces r√©ussites consid√©r√©es comme impossibles quelques ann√©es plus t√īt ? La r√©ponse est assez simple : on a trouv√© des biotopes qui convenaient au huchon hors du r√©seau du Danube, et surtout l'on a fait preuve d'un bel esprit d'initiative en m√™me temps que de courage pour tenter ces essais dont le succ√®s final ne semblait pas assur√©.
On peut maintenant déterminer les conditions écologiques les meilleures pour le développement normal de cet intéressant poisson :
Il s'agit d'un salmonidé, donc il exige une eau riche en oxygène, mais moins (50 % du moins) que la truite. On peut dire qu'en règle générale l'habitat du huchon n'est pas la zone à truite, et cela pour deux raisons : tout d'abord, à cause de sa grande taille, il ne peut se développer normalement dans les petits cours d'eau de la zone à truite; de plus, étant vorace, il ne peut vivre dans les zones à truite qu'en prélevant sur elles sa nourriture, c'est-à-dire en transformant une chair de prix en une chair du même prix, compte tenu de son coefficient nutritif qui est, pour un kilo de grossissement, de cinq à dix kilos de nourriture, lorsque celle-ci est constituée par des truites.
Les régions les mieux adaptées aux besoins physiologiques du huchon se situent entre les zones inférieures convenant à l'ombre et les zones supérieures convenant au barbeau. Il s'agit donc de cours d'eau courants, c'est-à-dire assez oxygénés, c'est-à-dire encore présentant des cascades ou de petits barrages ; les gouffres creusés sous les barrages sont les meilleures tenues pour les huchons adultes, car ils leur assurent en même temps le degré d'oxygénation nécessaire et l'espace vital. Il faut savoir cependant que la pollution est aussi dangereuse pour cette espèce que pour les autres salmonidés.
Le huchon est surtout abondant dans les eaux riches en hotus ; c'est l√† un fait bien connu. La raison n'en est pas dans le go√Ľt sp√©cial- de ces voraces pour ces cyprinid√©s : ils chassent avec la m√™me ardeur tous les poissons qu'ils peuvent attraper ! Mais le hotu est plus int√©ressant pour le jeune huchon au stade alevin, car il √©clot presque en m√™me temps que lui. Ainsi les alevins de huchons ont-ils d√®s leur naissance la table ouverte dans les fray√®res de hotus, o√Ļ ils se livrent √† une chasse fructueuse.
Les conclusions à tirer de toutes ces données écologiques sont :
1¬į L'habitat du huchon n'est pas le m√™me que celui de la truite ; ils ne peuvent donc lutter l'un avec l'autre.
2¬į Le biotope id√©al pour le huchon se situe entre les parties basses de la zone √† ombres et les parties hautes de la zone √† barbeaux, √† condition que l'eau soit assez oxyg√©n√©e et pas trop pollu√©e.
3¬į L'habitat le meilleur pour lui est celui o√Ļ existent des fray√®res de hotus ; c'est m√™me une condition sine qua non pour assurer le d√©veloppement des alevins de huchon dans sa p√©riode ta plus d√©licate, apr√®s la r√©sorption de la v√©sicule.
4¬į Les cyprinid√©s doivent √™tre abondants afin de fournir √† ce vorace la nourriture dont il a besoin et qui transforme en chair de haute valeur celle des poissons de faible valeur.
5¬į Les fray√®res les meilleures pour le huchon sont celles o√Ļ existe une √©paisseur de 50 centim√®tres √† un m√®tre de gravier; ce n'est cependant pas une condition absolument n√©cessaire en raison de la possibilit√© de repeuplement artificiel au moyen de sujets √©lev√©s en pisciculture.
6¬į Le huchon n'est pas un ennemi pour l'ombre, √† condition simplement que le cours d'eau soit pourvu d'autres esp√®ces de poissons, ce qui est presque toujours le cas.
Reproduction naturelle.
Le huchon fraie au printemps, en r√®gle g√©n√©rale entre le 15 mars et le 15 avril. Dans les eaux exceptionnellement froides (moins de 10¬į), le frai s'effectue m√™me en mai. Le m√Ęle est m√Ľr d√®s sa troisi√®me ou quatri√®me ann√©e ; la femelle un an plus tard, lorsque le poisson atteint une longueur de 65 √† 75 centim√®tres et p√®se 2 kg 500 √† 3 kg 500. Une femelle donne en moyenne de 5 000 √† 15 000 Ňďufs, d'un diam√®tre de 4,5 √† 5,5 millim√®tres. Une √©tude attentive a montr√© qu'en r√®gle g√©n√©rale la femelle du huchon fournit un Ňďuf par gramme de son poids (une femelle de 5 kilos fournit 5 000 Ňďufs); mais cette r√®gle n'est valable que pour les femelles dont le poids se situe entre 8 et 12 kilos ; au-dessous de ce poids, le nombre d'Ňďufs √©mis est moindre, et au-dessus il est sup√©rieur, mais pas toujours.
Les huchons fraient en couples isol√©s. Les m√Ęles se battent entre eux, parfois tr√®s cruellement, et c'est le plus fort qui reste aupr√®s de la femelle. Celle-ci fouille avec sa caudale assez profond√©ment le lit de la rivi√®re, en plein gravier. En r√®gle g√©n√©rale, ce frai se produit dans des cours d'eau assez rapides et peu profonds, de 0,50 m √† un m√®tre, tr√®s souvent tout pr√®s de la rive.
Pour frayer, les huchons se déplacent vers l'amont, mais moins loin que l'on ne croyait autrefois. Les marquages auxquels il a été procédé ont montré que ce déplacement saisonnier ne dépassait pas cinq kilomètres.
Les g√©niteurs restent g√©n√©ralement sur la premi√®re place qu'ils jugent convenable. Etant tr√®s timides, les couples quittent la fray√®re aussit√īt que l'on en approche, pour revenir plus tard ou remonter plus haut. Il leur arrive parfois de gagner les affluents pour y frayer; c'est le cas surtout dans les Alpes, si l'eau devient trop froide par suite de la fonte des neiges ; ils cherchent alors les affluents ayant une temp√©rature plus √©lev√©e et constante. Il se trouve d'ailleurs souvent que ces affluents offrent des fray√®res meilleures que la rivi√®re principale.
Les industries, et surtout les usines hydro√©lectriques, avec les brusques changements de niveau qu'elles provoquent, sont les ennemies n¬į 1 des huchons, comme des autres poissons, car, m√™me si elles ne mettent pas √† sec les fray√®res, elles g√™nent le frai et d√©truisent l'√©quilibre biog√©nique de l'eau. C'est la lutte impitoyable et in√©gale de la nature contre la civilisation.
LE HUCHON a-t-il une chance d'existence en France ?
Par Serge Tircher
Dans mon article paru dans le numéro spécial de janvier de la Revue Verte, l'Adaptation des poissons du bassin danubien en Europe occidentale, je me suis attardé sur le cas du huchon.
Pour les lecteurs qui n'auraient pas eu cette communication sous les yeux, je rappellerai brièvement avoir fait ferai remarquer que ce poisson, malgré tous les essais entrepris, n'avait jamais pu s'acclimater dans les rivières et fleuves n'appartenant pas au système hydrographique du bassin danubien.
Toutes les recherches scientifiques entreprises dans le but de trouver la raison ou les raisons de la fidélité de ce salmonidé à une région propre n'ont jamais donné aucun résultat.
Depuis de nombreuses années, je me suis moi-même attaché à la solution de ce problème, en vain bien entendu.
C'√©tait en partie dans le but de compl√©ter ma documentation √† ce sujet que je me suis rendu l'√©t√© dernier en France, principalement dans la r√©gion du Rh√īne, o√Ļ l'on se pr√©parait √† effectuer des d√©versements d'alevins de huchons.
Avant toutefois de passer au probl√®me de ce poisson en France, il me semble utile de parler quelque peu de ses mŇďurs et de sa p√™che.
Comme je l'ai écrit en janvier dernier, le huchon (salmo hucho) est le saumon du Danube et de ses affluents.
La ville de Ulm (Bavi√®re) o√Ļ coule le fleuve peut √™tre consid√©r√©e comme la limite extr√™me ouest o√Ļ on le rencontre. C'est un poisson uniquement de rivi√®re, et il ne descend jamais dans la mer Noire.
Sa longueur maximum est de 150 centimètres, son poids peut atteindre, surtout dans le Danube, jusqu'à 60 kilogrammes. Les plus gros exemplaires pris en Bavière et en Autriche n'ont cependant jamais dépassé les 45 livres.
Il se diff√©rencie du saumon par la forme allong√©e de son corps, sa forte t√™te, et sa gueule arm√©e de puissantes m√Ęchoires. Il ne poss√®de qu'un rang de 4 √† 8 tr√®s fortes dents. A l'√©tat adulte, ses flancs prennent une teinte rouge√Ętre qui passe au rouge cuivre chez les vieux sujets. Tout comme les arc-en-ciel et les ombres, le huchon fraie au printemps (mars ou avril), il entreprend √† cette √©poque de courtes p√©r√©grinations, dans le but de gagner les endroits propices √† la ponte des Ňďufs. Le nombre de ceux-ci varie entre 10 000 et 25 000, d'une grosseur de 5 millim√®tres chacun. Les fray√®res sont des lits de graviers √† petite profondeur, situ√©s g√©n√©ralement √† l'embouchure de ruisseaux, en amont ou en aval d'un pont.
Les alevins demeurent longtemps sur les lieux de leur naissance et se nourrissent bient√īt d'alevins de hotus. Nous verrons, par la suite, le r√īle important sinon primordial jou√© par ce poisson dans l'alimentation du huchon.

Vers cinq ans, il atteint une longueur d'environ 70 centimètres. La femelle n'est en état de frayer que lorsqu'elle atteint un poids de 4 kilogrammes.
D'apr√®s Danner, et ses recherches effectu√©es dans le Czeremos en Pologne, le huchon m√Ęle ne serait pas apte √† la reproduction avant d'avoir d√©pass√© les 5 livres. En g√©n√©ral, on peut compter chez la femelle 1000 Ňďufs par kilogramme. Ces faits expliquent les tailles l√©gales tr√®s strictes impos√©es partout : 65 centim√®tres en Bavi√®re, 70 en Yougoslavie; en Herz√©govine on va m√™me par endroits jusqu'√† 80 centim√®tres!
Comme la fraie s'effectue au printemps, l'√©closion des Ňďufs est tr√®s rapide, trente jours apr√®s la ponte. Cependant l'√©levage en pisciculture est une op√©ration aussi compliqu√©e que ruineuse : sur I 000 Ňďufs, on compte 6o √† monkey p. 100 de perte. Ceci explique le prix √©lev√© des alevins. Il atteint actuellement, d√©part pisciculture, √† 100 francs par poisson. Comme le plus difficile de toute l'op√©ration est de se procurer des g√©niteurs, on comprendra ais√©ment que seules les piscicultures de Yougoslavie, pays o√Ļ le huchon est encore tr√®s abondant, soient √† m√™me de s'adonner √† l'incubation intensive des Ňďufs et √† l'√©levage en grand des alevins.
Au point de vue pêche, le huchon offre sans conteste un tout grand sport.
Toutefois, la lutte avec lui est plus courte et donne beaucoup moins de fil √† retordre que celle livr√©e √† un saumon. Cela, √† poids √©gal bien entendu. Comme sa m√Ęchoire est tr√®s √©paisse et donne ainsi tr√®s bien prise au fer de l'hame√ßon, il est tr√®s rare de d√©crocher un huchon. Cependant sa force colossale rend sa p√™che possible uniquement avec du tr√®s gros mat√©riel : un Nylon de 6o centi√®mes est tout juste suffisant, et encore! J'ai vu des huchons moyens, de 8 √† 12 kilogrammes, casser d'un simple coup de t√™te un 70/100, et tordre des cuillers d'acier au point de les rendre inutilisables.
Il se p√™che uniquement en hiver, c'est-√†-dire de fin octobre √† fin janvier. En √©t√©, on ne le prend qu'accidentellement. Il est extr√™mement rare de p√™cher un huchon dans la journ√©e, except√© en Yougoslavie et en Hongrie, o√Ļ ce poisson abonde. Les meilleures heures, et cela sans exceptions, vont de 3 heures de l'apr√®s-midi jusqu'√† la tomb√©e de la nuit, les chances de prises augmentant au fur et √† mesure que le jour tombe. J'ai pris tous mes plus beaux huchons lorsque je voyais √† peine √† Io m√®tres devant moi.
Le temps id√©al est un jour gris, temp√©rature avoisinant z√©ro, mais pas en dessous. Si avec cela vous avez une fine neige tombant sans interruption, vous avez toutes les chances de votre c√īt√©. Par grand froid, ou par ciel sans nuages, mieux vaut rester au coin du feu.
Comme leurre, une grande cuiller ondulante ¬ę Heintz ¬Ľ, ou mieux encore un poisson mort, hotu ou petit ombre de pisciculture de pr√©f√©rence.
Dans certaines rivi√®res, le chabot est sup√©rieur √† tout autre app√Ęt.
L'attaque du huchon est brutale, et bien des novices se sont vu arracher la canne des mains. Quant à l'action pendant la lutte avec le poisson, si vous êtes pêcheur de saumon, vous n'avez rien à en apprendre.
Quelles sont maintenant les qualités d'une bonne rivière à huchons ? Elles sont au nombre de cinq :
1 Puret√© de l'eau. Un proverbe d'outre-Rhin dit : ¬ę Dans l'eau que tu boiras, le huchon vivra. ¬Ľ C'est, soit dit en passant, l'un des rares proverbes qui riment dans les deux langues.
2 Rivière à l'état naturel, pas de cours d'eau canalisé.
3 La température de l'eau, hiver comme été, ne doit jamais dépasser de ro à 12 degrés. Plus elle est froide, mieux cela vaut.
4 Présence indispensable de hotus, ou, à défaut, d'ombres.
5 La rivière appartenant au système fluvial du Danube.
Le Rh√īne pr√©sente-t-il ces qualit√©s ?
Puret√© de l'eau: √† la rigueur, on pourrait s'en contenter, bien que le Rh√īne soit loin d'avoir une eau de la puret√© qu'exige le huchon. Je pense naturellement ici au cours sup√©rieur du fleuve, au-dessus de Lyon. Tout son cours inf√©rieur n'entre naturellement pas en ligne de compte ; aucun huchon n'y pourrait vivre plus d'un jour. Les analyses chimiques de l'eau du fleuve que j'ai faites sont √† cet √©gard des plus √©loquentes. Si √† 5 kilom√®tres environ en dessous de Culoz, le nombre de microbes s'√©l√®ve √† 66 000 par centim√®tre cube, il atteint la proportion de 180 000 √† 500 000 √† Arles! Le bas Rh√īne est, de plus, tellement infect√© par les r√©sidus chimiques d'usines, que c'est un v√©ritable miracle que des poissons puissent encore y vivre et se reproduire.
On admet que le nombre maximum de bacilles par centim√®tre cube ne doit pas d√©passer 25 000 pour que le huchon trouve dans l'eau en question la puret√© dont il a besoin. Toutefois, comme l'eau du Danube charrie un taux de bacilles de loin sup√©rieur √† 25 000 par centim√®tre cube, et qu'on y trouve encore du huchon, je pense que la puret√© du haut Rh√īne, au-dessus de Lyon, est suffisante. La pr√©sence d'ombres pr√®s de Culoz renforce cette opinion.
Rivi√®re √† l'√©tat naturel. - Le haut Rh√īne ne laisse rien √† d√©sirer √† ce point de vue. Il faut au huchon des gouffres, des courants pour frayer ; nous les trouvons au-dessus de Lyon.
Temp√©rature de l'eau. - Bonne dans le haut Rh√īne, donc rien ,√† reprocher.
Présence de hotus. - Les bancs pourraient être plus nombreux au-dessus de Lyon, toutefois la présence d'ombres comble cette insuffisance. Ici j'ouvrirai une parenthèse en faisant remarquer que, si le huchon adulte peut à la rigueur se passer de hotus, il n'en n'est pas de même des alevins, qui, eux, exigent une nourriture se composant uniquement d'alevins de ces poissons. On a pu remarquer, dans certaines rivières de Bavière et surtout d'Autriche, que la disparition des hotus, due en grande partie à l'endiguement des rives, provoqua une nette régression du huchon. C'est le cas pour l'Isar et le Loisach, ainsi que pour l'Inn dans sa partie autrichienne.
Quant √† la cinqui√®me condition, elle s'exclut d'elle-m√™me, le Rh√īne n'ayant aucune communication avec le bassin danubien.
Cette raison est donc la seule qui rende impossible l'acclimatation du huchon dans le haut Rh√īne. Je vais plus loin : j'affirme cat√©goriquement que jamais, au grand jamais, il ne sera possible d'introduire le huchon dans ce fleuve.
Certains de mes lecteurs diront que l√† o√Ļ nous avons r√©ussi avec la sandre, il n'y a pas de raisons pour que nous ne r√©ussissions pas avec le huchon. J'ai dit dans mon article de janvier dernier que la sandre √©tait la grande exception qui confirme la r√®gle...

La France est-elle donc condamnée à ne jamais posséder de huchon ?
Personnellement je pense que la seule rivi√®re o√Ļ l'on pourrait tenter d'introduire le saumon du Danube avec pas mal de chances de succ√®s, c'est le Doubs. En janvier dernier, je me suis d√©j√† prononc√© en faveur d'un essai √† tenter dans cette rivi√®re ; elle est la seule de France √† √™tre en communication indirecte avec le Danube par le lac de Constance. La pr√©sence constat√©e de silures dans le Doubs est une preuve quasi certaine que le huchon, de son c√īt√©, doit pouvoir s'y acclimater. Comme on n'a encore jamais rencontr√© de silures dans un cours d'eau qui ne communique pas avec le Danube, on peut √™tre tout √† fait optimiste en ce qui concerne une exp√©rience √† faire avec le huchon dans le Doubs.
D'après les renseignements que je me suis procurés, l'eau du Doubs n'accuserait actuellement aucune pollution, les usines Solvay ayant construit des installations de filtrage qui se sont avérées efficaces.
Je ne me suis pas livré à un examen sur place de la question, toutefois je me suis laissé dire que l'ombre prospère à nouveau dans le Doubs. Ceci en tout cas prouverait que la température de l'eau de cette rivière ne dépasserait pas 15 degrés à 2 mètres de profondeur. De plus, la présence de gouffres profonds et de radiers donne sans conteste à ce magnifique cours d'eau toutes les qualités d'une rivière à huchons. Reste le problème de la présence de hotus; ici je suis tout à fait ignorant de la question.
Admettons maintenant que le Doubs possède toutes les qualités requises. Que faire pour en faire une rivière à huchons ?
Il est d'abord indispensable que la partie choisie pour les déversements d'alevins ressortisse au domaine privé, ou tout au moins qu'elle appartienne à un groupement autorisé à interdire, pendant au moins cinq ans, toute pêche au lancer, à la mouche, au ver et aux insectes naturels sur le parcours en question.
En effet, il est tr√®s difficile √† des p√™cheurs non comp√©tents en la mati√®re, et qui n'ont jamais vu de huchons de leur vie, de distinguer ces derniers d'une truite. Un huchon de 30 centim√®tres et une Fario de m√™me taille sont √† peine dissemblables; seule la forme de la t√™te et des m√Ęchoires diff√®re l√©g√®rement. Si la p√™che √† la truite n'√©tait d√©fendue dans le parcours o√Ļ auraient √©t√© d√©vers√©s des alevins de huchons, il est tout √† fait certain que les p√™cheurs de l'endroit auraient t√īt fait de faire dispara√ģtre le dernier dans leur panier, persuad√©s d'avoir pris de tr√®s belles truites. Ne riez pas, cela arrive m√™me au pays d'origine du beau poisson. Un huchon de 30 centim√®tres est √Ęg√© d'un an tout au plus. Je ne veux pas mettre ici en doute le caract√®re sportif des p√™cheurs du Doubs, mais, pour √™tre franc, je doute que beaucoup d'entre eux consentent √† remettre √† l'eau une ¬ę superbe truite ¬Ľ de 2 ou 3 livres, qui ne serait qu'un huchon n'ayant m√™me pas la mesure !
En g√©n√©ral, ce n'est qu'√† cinq ans qu'il atteint 65 centim√®tres, mesure l√©gale en Bavi√®re qui, de l'avis de tous, pourrait √™tre port√©e √† 80 centim√®tres. Un v√©ritable p√™cheur de huchons rejette tout poisson qui n'atteint pas au moins cette taille. Comme de plus, dans son jeune √Ęge, il monte tr√®s bien, trop bien m√™me, sur une mouche, la confusion serait ici totale.
Une fois ce point réglé, reste la question du déversement des alevins, point crucial du problème.
Ici, il n'y a pas deux manières de procéder, il n'y en a qu'une, la bonne !
Acheter des alevins, les d√©verser au petit bonheur dans la rivi√®re, ce n'est qu'une demi-mesure, surtout si le cours d'eau en question n'a jusqu'alors jamais abrit√© de huchons. Un grand pourcentage des jeunes poissons dispara√ģtra et, en fin de compte, on ne peut tout de m√™me pas interdire √©ternellement toute p√™che dans une rivi√®re, dans l'espoir de voir celle-ci contenir un jour du huchon. Pour cette raison, il est n√©cessaire sinon indispensable, tout au moins en ce qui concerne le Doubs, de d√©verser √©galement une dizaine de couples adultes. Si le poisson s'acclimate, les quelque 150 000 √† 200 000 Ňďufs pondus au total par les femelles donneront des r√©sultats beaucoup plus tangibles que les 5oo ou 1 000 alevins d√©vers√©s. Reste √† voir s'il sera possible de se procurer mille alevins! Un possesseur de parcours peut s'estimer heureux s'il en obtient 500, et cela tous les trois ou quatre ans tout au plus.
Cette op√©ration est naturellement co√Ľteuse et compliqu√©e. Le transport des poissons adultes ne peut s'effectuer que dans des camions-citernes sp√©ciaux, o√Ļ l'apport d'oxyg√®ne est obtenu par des bonbonnes d'air comprim√©. Le voyage jusqu'en Yougoslavie est √©galement long. Cependant, si l'on d√©sire vraiment tenter l'exp√©rience, il faut le faire bien et mettre toutes les chances de son c√īt√©. Il serait de plus absolument n√©cessaire que le groupement ou les organisations de p√™che int√©ress√©s fassent appel √† un sp√©cialiste en la mati√®re. Ici, je ne puis conseiller autre chose que de se mettre en rapport avec un conseiller piscicole de l'organisation d'√Čtat de p√™che du Pays de Bavi√®re. Les Yougoslaves n'ont pas beaucoup d'exp√©rience en mati√®re d'acclimatation et de repeuplement des cours d'eau en huchons, parce que le probl√®me ne se pose pas chez eux. En Bavi√®re, c'est tout le contraire beaucoup de rivi√®res, qui jadis regorgeaient de huchons, ont vu leur nombre d√©cro√ģtre, par suite de l'√©dification de barrages et des corrections des rives. Il a fallu, de ce fait, faire face √† toutes sortes de difficult√©s ; gr√Ęce √† la comp√©tence de sp√©cialistes en pisciculture et de biologistes, ces rivi√®res sont √† l'heure actuelle redevenues, ou √† peu pr√®s, ce qu'elles √©taient il y a cinquante ans.
Pour en revenir au probl√®me du d√©versement de huchons adultes, il se fera par couples dans des endroits o√Ļ ils seront visibles au moment de la fraie. Je pense ici √† des gouffres ou, 200 m√®tres plus loin, se trouveront des gravi√®res avec radiers, √† proximit√© d'un pont.
En mars et avril, il, suffira de se poster sur celui-ci : si les huchons consentent à frayer dans le Doubs, ce sera à Io mètres en aval ou en amont de l'ouvrage qu'ils le feront. Ceci sera au moins une indication certaine pour l'avenir.
Les 500 à 600 alevins pour 10 à 15 kilomètres de rivière auront en tout cas la vésicule résorbée. A ce moment ils sont déjà extrêmement voraces, et, si le Doubs contient pas mal de frai de hotus, leur existence et croissance seront assurées.
Vouloir importer des Ňďufs et proc√©der √† leur incubation en pisciculture √©quivaut √† jeter son argent dans la rivi√®re. M√™me des pisciculteurs parfaitement au courant ne se risquent gu√®re √† ces essais co√Ľteux et peu productifs. Je le r√©p√®te, seules les piscicultures d'√Čtat yougoslaves sont √† m√™me d'entreprendre la chose, √©tant donn√© qu'elles ont suffisamment de g√©niteurs √† leur disposition, ce qui leur permet de supporter plus facilement le gros pourcentage de perte.
Si dans un proche avenir des groupements de pêche de la région du Doubs devaient se décider à tenter d'introduire le huchon dans leur rivière, je leur serais infiniment reconnaissant de me tenir au courant par l'entremise de la Revue Verte.
J'esp√®re avoir r√©sum√© aussi compl√®tement qu'il m'√©tait possible de le faire la question du huchon en France. Je trouve qu'il serait regrettable de ne pas tenter d'introduire ce poisson dans la seule et unique rivi√®re de France o√Ļ il a v√©ritablement des chances de s'adapter.
Je me tiens à l'entière disposition de ceux qui seraient décidés à tenter l'expérience ;
Je ne peux que leur conseiller d'aller passer huit jours sur la Tiroler Ache, à Ettenhausen, en haute Bavière, à la frontière autrichienne. Elle est de loin la meilleure d'Allemagne et d'Autriche. Ce qui surtout la caractérise, ce sont les 5 qualités majeures que doit avoir toute rivière à huchons, et il est rare de les trouver réunies. De plus, le lecteur intéressé se rendra compte par lui-même de la possibilité de trouver réunis dans une même rivière huchons, truites et ombres, sans que pour cela ces deux dernières espèces de poissons aient à souffrir de la présence de la première. Certes, comme tout vorace, le huchon cause des ravages ; cependant, s'il y a du hotu dans la rivière, il est très rare de le voir s'attaquer aux autres salmonidés. C'est surtout aussi à ce point de vue que la Tiroler Ache mérite une attention spéciale, en tant que rivière d'étude et surtout que rivière de pêche, bien entendu!


Patient, patience, patience dans l‚Äôazur! Chaque atome de silence est la chance d‚Äôun fruit m√Ľr!
Paul Valéry

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#2 19-08-2020 21:36:43

rapha√ęl
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Re : Et le huchon ?

Yep!

Le huchon est philog√©niquement plus proche des ombles que des truites et saumons. On devrait d'ailleurs dire les huchons car il existe plusieurs esp√®ces dont a minima le huchon, le ta√Įmen, le huchon japonais, au sein desquelles il y a peut-√™tre bien plusieurs sous esp√®ces.
Il existe des formes anadromes chez Hucho perryi (le huchon coréano-japonais) mais elles sont en grand danger, les populations se concentrant dans le nord de la Chine et en Corée du Nord.

Quand à l'introduction de l'espèce H.hucho chez nous:
1- c'est une introduction donc potentiellement une connerie incontr√īl√©e et incontr√īlable une fois qu'elle est faite, faut pas perdre √ßa de vue, surtout qu'il s'agit d'un super-pr√©dateur (ton article date un peu, les connaissances de l'√©poque √©tait encore tr√®s impr√©gn√©e "d'acclimatologie" et de certitudes parfois proches de la l√©gende faute de v√©rifications de terrain, la s√©mantique utilis√©e est assez r√©v√©latrice d'ailleurs, ce nonobstant un contexte environnemental bien plus favorable que de nos jours);
2- l'animal est tr√®s, tr√®s exigeant, ce n'est pas pour rien qu'il est en train de dispara√ģtre d'Europe centrale sous les coups de boutoir de l'hydro-√©lectricit√© et de la pollution (apparemment quasi-√©radiqu√© de Roumanie aux derni√®res nouvelles); alors la r√©ussite d'une introduction en France est d√®s lors une gageure vu l'√©tat de nos rivi√®res...
3-... ce qui m'amène à rappeler que ça a été tenté à plusieurs reprises (de façon officielle - Les Usses vers 1950/60, et clandestine - La Loue dans les années 1990/2000) et que ça a été dans chaque cas un échec cuisant.
4- et in fine, la Bosnie ou la Croatie, c'est pas si loin que √ßa, profitez en avant qu'ils n'aient disparus; il y aurait aussi des bonnes possibilit√© en Slov√©nie sur la bassin de la Sava, c'est presque √† c√īt√©.

D'un point de vue personnel, plut√īt que de d√©penser de l'√©nergie dans ce genre de fac√©tie, il vaut mieux en garder pour d√©fendre ce qui reste √† prot√©ger avant que √ßa ne finisse coul√© dans le b√©ton ou noy√© dans le lisier... s'il reste encore de l'eau!

a+

R

PS: quand à l'alose, y'a pas vraiment de raison d'être optimiste, les centaines de milliers d'individus qui remontaient l'Adour, la Garonne et la Dordogne, la Loire il y a encore vingt ans ne sont plus que quelques poignées... Ce qui justifie son inscription sur la Liste Rouge de l'UICN "en danger critique d'extinction" (https://uicn.fr/wp-content/uploads/2019 … itaine.pdf).

Derni√®re modification par rapha√ęl (19-08-2020 21:51:54)


Qu'est ce que la civilisation? Une fin en soi, ou un stade avancé de la barbarie? H. Melville

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#3 20-08-2020 15:27:36

Pascal
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Re : Et le huchon ?

Bonjour à tous,
Le Huchon sur les Usses!!! cela a duré quelque temps, il y a eu quelques signes de reproduction .... puis il a disparut.
A l'√©poque il y avait encore du hotu, beaucoup moins maintenant, et de l'eau, beaucoup beaucoup moins maintenant mais ce que les "scientifiques" de l'√©poque n'avaient pas percut√© c'est qu'il se reproduit au printemps donc lorsque la truite et ouverte, √† une √©poque o√Ļ la taille r√©glementaire fleurtait au grand maximum avec les 20 cms alors que ce majestueux poisson est m√Ęture √† l'√Ęge de 7 ans pour une taille tr√®s, tr√®s largement sup√©rieure ....
Comme il fallait s'y attendre la ressource a √©t√© pill√©e par les p√™cheurs √† la ligne car contrairement aux pays de l'est o√Ļ cette esp√®ce est encore pr√©sente aucune r√©glementation adapt√©e n'avait √©t√© propos√©e!!!
Bonne journée


"Le peu qu'on peut faire, le très peu qu'on peut faire, il faut le faire ..." Théodore Monod

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#4 22-08-2020 18:06:27

pescadou31
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Re : Et le huchon ?

Perso je connais celui de Mongolie (taimen) et celui d'Autriche ( ou il en reste très très peu).
C'est un poisson magnifique et relativement fragile... En mongolie il est l'objet de réélevage intensif tant ses rangs ont été éclaircis par des pecheurs peu regardants ( etrangers pour la plupart).. c'est un poisson qui peut devenir très vieux, je connais une reférence d'un mesurant 1,40m qui avait plus de 50ans... ce n'est pas un poisson qui se renouvelle comme le saumon...
le gros interêt est qu'il est possible de le prendre en sèche même quand il dépasse 20kg...
Après pour moi on est très loin de la défense d'un saumon ... il se bat avec son poids d'abord mais n'a pas les démarrages ou les rushes d'un saumon... ( bon c'est vrai que je ne l'ai pêché que sur du 50%)
Pour sa réintroduction en France , je n'ai pas un avis aussi arrêté que "professeur" Raphael! ( mdr) ... mais je ne l'exposerai pas ici... ca évitera les discussions sans fin...

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#5 27-09-2020 19:34:13

RODANGES
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Re : Et le huchon ?

J'ai pu observer un huchon sur la Tra√ľn de Gmunden, √† Traunfall, film√© lors d'une plong√©e. Il est visible dans le film sur la Tra√ľn (DVD chez Stonefly). En fait son exigence semble √™tre d'avoir des eaux extr√™mement froides lors de la reproduction et jusqu'√† l'apparition des juv√©niles. Dans ces conditions, c'est mal parti pour la France. Et je suis plut√īt de l'avis de Rapha : on a suffisamment √† faire pour sauver ou prot√©ger nos propres salmonid√©s.

Dernière modification par RODANGES (27-09-2020 19:38:36)

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