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#1 13-03-2020 19:19:07

RODANGES
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Retours sur le Gave de Pau

On trouvera ci-après l'analyse faite par Migradour des résultats des retours de saumons issus de l'alevinage. C'est très intéressant mais on se heurte toujours à la contradiction, qui est presque explicite dans ce rapport. En effet la question n'est pas tant de savoir combien reviennent, mais bien, parmi ceux qui reviennent, combien auront une descendance.

Gave de Pau : nos premiers éléments sur les taux de retour de Saumons issus d’alevinage…
11 Mar, 2020Actualités
Le bassin du Gave de Pau, en phase active de restauration de la continuité écologique, est actuellement le seul concerné par l’effort d’alevinage en Saumon atlantique sur le bassin de l’Adour.
Les populations de saumons fréquentant les bassins de la Nive et du Gave d’Oloron ont un statut « autonome », bien qu’elles fassent toujours l’objet d’une surveillance du fait d’un état jugé inquiétant. Si le niveau de ces populations est en-deçà de leur potentiel, l’alevinage n’est toutefois pas requis de manière à ne pas perturber leur fonctionnement naturel (potentiel génétique notamment).
La situation du Gave de Pau est bien différente. L’espèce ayant complétement disparu, l’alevinage s’inscrit dans une démarche globale de restauration qui, couplé aux efforts en matière de restauration de la continuité écologique, a pour but de « relancer la machine » (beaucoup plus efficacement et rapidement qu’avec les seuls égarés en provenance d’autres bassins). L’alevinage n’a pas pour but de soutenir le stock de manière pérenne mais simplement à donner un coup de pouce temporaire au retour d’une population autonome.
L’association Migradour porte depuis plusieurs années les opérations de repeuplement en Saumon sur le bassin du Gave de Pau. La stratégie d’alevinage étant définie au sein d’un groupe technique spécifique du COGEPOMI regroupant DREAL, OFB, Agence de l’Eau Adour-Garonne, Région Nouvelle-Aquitaine, fédérations de pêche et Institution Adour.
La totalité des œufs utilisés pour le repeuplement en saumons est issue d’un stock de géniteurs de souche « Gaves » de première génération (issus exclusivement de géniteurs sauvages) enfermés à la pisciculture fédérale de Cauterets.
Les objectifs de « production » ces dernières années sont d’environ 500 000 alevins avec une répartition dans une proportion à peu près égale entre les stades « précoce » et « estival ».
Ces pratiques d’optimisation de la qualité génétique (souche « Gaves », méthode de fécondation, limitation de la sélection liée à l’élevage, stades de déversements précoces, etc.) sont destinées à se rapprocher autant que possible de poissons « sauvages ».
Ces dernières années, plusieurs éléments (évolution de l’abondance, étude sur les otolites du saumon de l’Adour) montrent des signes encourageants quant à l’efficacité du plan de restauration mis en œuvre sur le Gave de Pau. Les analyses réalisées récemment sur le taux de retours des poissons marqués viennent confirmer ces observations.
En effet, une partie des alevins estivaux déversés annuellement (de 2011 à 2014, puis en 2018) avait fait l’objet d’un marquage par ablation de la nageoire adipeuse, afin de contribuer à l’estimation des taux de retour de ces individus, par observation des marques au niveau de la station de contrôle d’Artix. L’année 2019 a vu le retour des derniers individus des marquages de 2014 (saumons de 2 hivers de rivière + 3 hivers de mer).
L’effectif cumulé des alevins marqués est conséquent (entre 182 000 et 223 000 au total), et permet de considérer que les résultats ont une bonne précision.
Les taux de retour de ces alevins estivaux sont très bons (autour de 0,15 %, en amont des pêcheries) ; ils sont nettement supérieurs à ceux constatés dans d’autres bassins français. En termes de prospective, et sur la base de l’hypothèse de l’atteinte d’une production de 200 000 alevins estivaux, de tels taux permettent d’envisager le retour de 280-350 géniteurs issus de ces estivaux, soit 24-30 % d’un effectif de 1 200 saumons contrôlés à Artix.
En l’absence de possibilité de marquage des alevins précoces, leurs taux de retour n’ont pas pu être estimés. Une projection a toutefois été menée, en retenant, en première approche, l’hypothèse d’une survie deux fois moindre que celle des alevins déversés au stade estival : 300 000 alevins précoces pourraient conduire au retour de 210-260 géniteurs.
Avec de telles projections, et sur un effectif de retour de 1 200 individus, l’alevinage (tous stades de déversement confondus) contribuerait à hauteur de 40-50 % des retours de géniteurs.
La progression des effectifs contrôlés à Artix est donc portée à la fois par une reproduction naturelle qui se développe et par une contribution encore importante de l’alevinage.
Par ailleurs, l’analyse de la composition par groupe d’âge de mer ne montre pas de différence significative entre les individus marqués et les non-marqués du Gave de Pau (station d’Artix, période 2013-2019), ni avec les retours dans le Gave d’Oloron (station de Masseys, sur la même période). Les « estivaux » ne donnent pas une plus grande proportion de retours de castillons que les alevins nés dans le milieu naturel.
Malgré le nombre élevé d’obstacles présents sur ce cours d’eau (dont certains encore problématiques) et un prélèvement important par pêche à l’aval, ces bons taux de retour, corrélés à l’augmentation significative du stock migrant ces dernières années et à des détections régulières d’alevins naturels dans des secteurs non-alevinés, sont très encourageants.
Ces résultats laissent ainsi entrevoir un potentiel exceptionnel qui commence à peine à s’exprimer.
Il apparait de fait nécessaire de poursuivre les efforts de restauration sur le Gave de Pau, en particulier en matière de continuité écologique, et éviter ainsi toute nouvelle dégradation !

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#2 15-03-2020 11:51:44

RODANGES
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Re : Retours sur le Gave de Pau

Pour préciser : il s'agit des saumons de retour issus de l'alevinage. En effet on ne peut à la fois dire qu'il n'y a pas d'alevinage sur les gaves d'Oloron (et Saison) ainsi que sur les Nives "pour ne pas perturber leur fonctionnement naturel (potentiel génétique notamment)" et dans le même discours considérer que l'on peut impunément mettre dans ce risque les "égarés en provenance d'autres bassins". On notera que les égarés, en fait, cela n'existe pas : il y a toujours une proportion de migrateurs qui s'engage dans un autre bassin que celui de son origine, comme s'il s'agissait pour l'espèce à la fois d'une assurance-vie, et en même temps la ''volonté'' de coloniser d'autres bassins dès lors que cette possibilité est offerte. C'est très bien renseigné scientifiquement pour ce qui est des rivières du Royaume-Uni (enfin, plus ou moins "uni" désormais!). Mais dès lors que toutes les études et retours d'expérience montrent que l'alevinage augmente artificiellement le nombre de retours mais n'a pas d'influence sur la limite de conservation de la souche, que penser de ces alevinages massifs qui effectivement apportent des résultats mais voient toujours un effondrement de ces mêmes retours dès lors que l'alevinage cesse, démontrant par là que ces poissons de retour n'ont pratiquement pas de descendance?
On peut avancer plusieurs hypothèses, en tenant pour acquise la définition de l'UICN : "Un poisson sauvage est un poison né dans la rivière de géniteurs nés dans la rivière." Exit les piscicultures.
La première découle d'un constat, qui validerait en partie une relative utilité de l'alevinage dès lors que la souche (au sens génétique) n'est pas en danger, ce qui est le cas pour le bassin Adour. En effet on constate que les alevinages, en amenant des retours, provoquent un accompagnement supérieur à ce qu'il serait normalement, et significatif, de la part de vrais natifs (pseudo-égarés) issus d'un autre bassin, sans doute par instinct grégaire.
La seconde pourrait être validée par l'étude des otolithes, qui permet de connaître entièrement le vécu d'un poisson : ses origines, les lieux qu'il a fréquentés à tous les stades de son développement, sa parentèle etc. On peut étudier quels sont les résultats selon qu'un saumon de retour issu de l'alevinage va se reproduire :
1°) avec un congénère de même origine. Selon moi résultat nul car si alevins il y a ils seront inadaptés et la littérature scientifique est claire à ce sujet
2°) Avec un "vrai sauvage". Et là se pose la question selon qu'il s'agit d'un sauvage mâle ou d'une femelle (je vous épargne les transexsuels!).
Mais la seule vraie réponse sera donnée lorsqu'on cessera d'aleviner sur le Gave de Pau. Les retours d'expérience sur des rivières remises en état, en particulier au Royaume-Uni, montrent que les descendants de saumons issus de l'alevinage disparaissent complètement en quelques générations.

Dernière modification par RODANGES (16-03-2020 14:32:31)

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#3 16-03-2020 11:19:56

Speycaster
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Re : Retours sur le Gave de Pau

Pour corroborer ces propos, il n'y a pas si longtemps dans un numéro de Trout and Salmon, une personne disait que les 2 seules rivières écossaises où la population avait très peu variée étaient en fait les 2 seules rivières où il n'y a jamais eu d'alevinage. Il faudrait que je retrouve cet article mais dans mon souvenir, il y avait la Thurso et une autre mais dont j'ai oublié le nom ... désolé mais ma mémoire n'est plus ce qu'elle était.

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