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#1 07-06-2017 16:39:18

RODANGES
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Saumon Allier

Vendredi 30 mai dernier avait lieu la rĂ©union du groupe d’appui du Plagepomi. A cette occasion la position du Conseil scientifique a Ă©tĂ© rappelĂ©e. On en trouvera ci-aprĂšs quelques extraits. Le passage le plus important concerne le fait qu’il y aurait deux populations distinctes de saumons dans le bassin de la Loire. L’une constituant la souche sauvage et l’autre d’origine domestique bien qu’ayant des « parents » sauvages quoique parfois de XĂšme gĂ©nĂ©ration de pisciculture. Cette deuxiĂšme population est renouvelĂ©e chaque annĂ©e par dĂ©versements massif (400.000/an).
LĂ  encore on voit que la science propose Ă  partir de donnĂ©es objectives, mais n’est pas ‘’absolue’’, en ce sens que contrairement aux affirmations pĂ©remptoires de certains dĂ©cideurs locaux (yaka, faukon) dont les consĂ©quences pourraient ĂȘtre irrĂ©versibles, la science n’est que relative mais invite Ă  la prĂ©caution.

EXTRAITS DU  RAPPORT DU CONSEIL SCIENTIFIQUE
Le Conseil est extrĂȘmement déçu du retard pris dans l’amĂ©nagement de PoutĂšs. Une grande partie du plan de gestion du saumon a Ă©tĂ© construit sur la base d’une modification prochaine de PoutĂšs. L’inaction sur cet ouvrage diffĂ©rera la rĂ©alisation des objectifs du plan. Les scientifiques considĂšrent que l’augmentation des dĂ©versements ne compense pas de façon satisfaisante le retard supplĂ©mentaire pris pour l’amĂ©nagement de cet ouvrage.
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La migration des juvĂ©niles peut ĂȘtre suivie grĂące Ă  des piĂšges placĂ©s sur les affluents amont, de maniĂšre Ă  prĂ©venir et coordonner un arrĂȘt des turbines dans les centrales situĂ©es en aval. Cette approche permet cependant de ne prĂ©server que le pic de migration des smolts alors que des poissons prĂ©coces ou tardifs risquent de dĂ©valer en dehors de cette pĂ©riode d’arrĂȘt de turbinage. Ces derniers individus sont pourtant cruciaux pour la population de saumon.
4. Suivi et améliorations des opérations de repeuplement
Questions 4.1→
Suivis scientifiques des opérations de déversement de juvéniles de saumon
4.1.1. Les suivis rĂ©alisĂ©s paraissent-ils adĂ©quats ? Des pistes d’amĂ©liorations sont-elles possibles ?
RĂ©ponse : il est difficile pour le Conseil scientifique de rĂ©pondre Ă  cette question sans avoir reçu tous les rapports sur les suivis rĂ©alisĂ©s. Des recommandations pourraient ĂȘtre Ă©mises si un rĂ©sumĂ© de tous les programmes actuels de suivi Ă©tait fourni.
4.1.2. Quels sont les risques et les bénéfices associés à une opération de repeuplement ? Pouvez-vous les hiérarchiser ?
RĂ©ponse : les bĂ©nĂ©fices du repeuplement sont simples. Ces opĂ©rations permettent d’augmenter le nombre de juvĂ©niles de saumons prĂ©sents dans le cours d’eau au-delĂ  de ce que la reproduction naturelle des gĂ©niteurs sauvages pourrait donner. En supposant que cette augmentation d’alevins entraĂźne une production plus importante de smolts et davantage d’adultes de retour, ces opĂ©rations peuvent protĂ©ger la population de l’extinction et prĂ©senter des avantages potentiels en terme gĂ©nĂ©tique, en augmentant sa taille effective. Le repeuplement a Ă©galement pour avantage de permettre un suivi spĂ©cifique en dĂ©versant une quantitĂ© donnĂ©e de poissons marquĂ©s en un lieu et un moment prĂ©cis. Les rĂ©sultats de ces programmes pourraient ĂȘtre utilisĂ©s pour amĂ©liorer la connaissance sur le comportement de l’espĂšce.
Cependant, les risques associĂ©s au repeuplement sont consĂ©quents. Ils sont indiquĂ©s ci-dessous par ordre d’importance : 1. rĂ©duction de la capacitĂ© d’adaptation gĂ©nĂ©tique de la population liĂ©e Ă  l’introduction d’individus soumis Ă  une sĂ©lection artificielle en pisciculture ; 2. diminution de la survie de la souche sauvage des saumons de l’Allier Ă  cause de la compĂ©tition exercĂ©e par les poissons issus de l’élevage ; 3. biais des recherches puisque le comportement des saumons de pisciculture pourrait diffĂ©rer de celui des sauvages ; 4. perception du recours Ă  des dĂ©versements comme une alternative ou compensation acceptable Ă  des solutions de gestion plus coĂ»teuses (telles que l’arasement des ouvrages et la diminution des sources de pollutions) alors que le bĂ©nĂ©fice est bien moindre ; 5. risque potentiel liĂ© Ă  l’augmentation du nombre total d’adultes de retour si le vĂ©ritable objectif de la conservation est de protĂ©ger et d’augmenter le nombre de saumons sauvages. Si le programme de repeuplement produit assez de saumons pour ouvrir une exploitation ou augmenter la prĂ©dation, la mortalitĂ© additionnelle subsĂ©quente ne se limitera pas aux poissons issus de pisciculture. Certains poissons qui seront tuĂ©s seront des poissons d’origine sauvage. Cela peut entraĂźner une diminution du nombre d’individus sauvages par rapport Ă  la situation antĂ©rieure.
Le Conseil scientifique a connaissance des discussions nourries, au sein du dĂ©bat public, relatives Ă  une modification du plan de gestion et une augmentation des dĂ©versements, dans le but affichĂ© d’accroĂźtre les retours d’adultes et dans l’espoir d’une rĂ©ouverture de la pĂȘche de l’espĂšce plus rapide.
Un certain nombre de suggestions et de scenarios relatifs Ă  des changements en matiĂšre de repeuplement et de pĂȘche ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s et Ă©voquĂ©s avec le Conseil scientifique. Celui-ci suggĂšre que les modifications qui pourraient ĂȘtre proposĂ©es soient transmises aux modĂ©lisateurs de maniĂšre Ă  les Ă©valuer au moyen des modĂšles existants.
Les membres du Conseil reconnaissent Ă  l’unanimitĂ© que la finalitĂ© de la pĂȘche sportive est Ă  la fois valable et dĂ©sirable. Cependant, il faut veiller tout particuliĂšrement Ă  ne pas instaurer cette pĂȘche prĂ©maturĂ©ment, c’est-Ă -dire avant que la population de saumon ne soit viable et pĂ©renne.
Le Conseil recommande en premier lieu d’établir une LC (limite de conservation) sur la base d’une modĂ©lisation. Une telle limite et la CG (cible de gestion) doivent ĂȘtre atteintes par la population avant que la pĂȘche Ă  la ligne ne soit Ă  nouveau autorisĂ©e.
Le modĂšle existant peut Ă©valuer l’impact d’une ouverture de la pĂȘche sur la viabilitĂ© de la population. Est-ce qu’une telle pĂȘche sportive est susceptible de retarder l’atteinte de la viabilitĂ© de 5 ans, 10 ans, 20 ans ou indĂ©finiment ? Voir aussi les discussions ci-dessus sur l’établissement des CG et les risques que les gestionnaires sont prĂȘts Ă  prendre pour atteindre ces diffĂ©rents buts.
Le modÚle doit faire quelques hypothÚses sur la mortalité du saumon : mortalité naturelle (prédation, pollution
), mortalité intentionnelle ou non suite à des prélÚvements de saumons (capturés et relùchés).
Une telle modĂ©lisation peut Ă©clairer les dĂ©cideurs sur l’opportunitĂ© d’autoriser une exploitation. Le Conseil note que l’objectif final du programme de restauration du saumon de Loire-Allier est de protĂ©ger et d’établir Ă  nouveau une population durable et viable.
Les scientifiques reconnaissent que les dĂ©versements d’alevins dans l’Allier, uniquement issus de gĂ©niteurs sauvages (F1), reprĂ©sentent une avancĂ©e majeure du programme de repeuplement. Les connaissances actuelles, basĂ©es sur une seule cohorte, permettent de constater que les dĂ©versements de saumon au stade alevin reprĂ©sentent prĂšs de 40 % des adultes (avec adipeuse) de retour Ă  Vichy. Cette proportion est extrĂȘmement Ă©levĂ©e. Si elle est confirmĂ©e par les analyses des cohortes suivantes (travaux de l’Inra en cours), cela prouvera que la fraction sauvage de la population est faible et donc vulnĂ©rable. Le Conseil estime que la part relative des saumons sauvages versus saumons d’élevage dans la population est Ă©galement importante pour la gestion. Il n’existe aucune rĂšgle pour dĂ©finir quelle valeur spĂ©cifique cette proportion doit avoir. Cependant, pour prĂ©server la viabilitĂ© Ă  long terme et la capacitĂ© d’adaptation d’une population sauvage, il semblerait raisonnable de garder une part de saumon d’élevage infĂ©rieure Ă  50 % de la population totale.
Les bĂ©nĂ©fices et les risques associĂ©s au repeuplement ont Ă©tĂ© abordĂ©s ci-dessus. La seule diffĂ©rence avec les questions qui se posent ici est que ces bĂ©nĂ©fices et ces risques sont focalisĂ©s sur la zone refuge, secteur que nous estimons ĂȘtre le lieu privilĂ©giĂ© de reproduction du saumon sauvage ; de ce fait les risques identifiĂ©s sont accrus puisque les pertes potentielles sont plus Ă©levĂ©es.
Plusieurs scenarii ont Ă©tĂ© discutĂ©s en rĂ©union : si les modifications de PoutĂšs permettent effectivement Ă  plus de saumons sauvages de se reproduire en amont de l’ouvrage et augmentent le recrutement dans ce secteur, il pourrait ĂȘtre envisagĂ© d’assouplir les rĂšgles de dĂ©versement entre Langeac et PoutĂšs.
En 2008, le Conseil avait prĂ©conisĂ© d’éviter tout dĂ©versement dans les habitats les plus favorables en amont de Langeac afin de prĂ©venir toute compĂ©tition entre les individus natifs du milieu et ceux issus de pisciculture. L’amĂ©nagement du barrage de PoutĂšs va fortement amĂ©liorer l’accessibilitĂ© de ce secteur. Cette modification devrait donc rester la prioritĂ© du programme de restauration du saumon de Loire-Allier.
ON EN CONCLUERA QUE LE SAUMON D’ELEVAGE EST UNE ESPECE DIFFERENTE, ET NON VIABLE PUISQU’IL FAUT LA RENOUVELER SANS CESSE.

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